L’entrepreneuriat c’est la vraie école de la vie

A moins de 4 semaines du premier tour des présidentielles 2017, très peu de candidats ont finalement parlé de leur programme, tellement il y a d’affaires autour de bons nombres d’entre eux...

Ce qui me frappe d’une part c’est la phrase « c’est le candidat des entrepreneurs », que j’ai relevée plusieurs fois de la part des uns envers les autres, comme si cela était une insulte, ou le signe d’une déconnexion totale avec les français. Pourtant il se crée environ 550 000 entreprises chaque année, donc ces candidats accusés parlent à une sacré frange de la population ! Ce chiffre pourrait d’ailleurs continuer d’augmenter au vu du taux de chômage, qui même s’il baisse, reste très élevé, notamment chez les jeunes et les plus de 50 ans. Que faire lorsqu’on ne trouve pas d’emploi ? le créer bien sûr !

Certes, créer son propre emploi, ce n’est pas créer une entreprise, avec des employés, des prestataires, des bureaux, etc... Mais où est le problème ? Chacun choisit sa vie, on le répète souvent ici. Seulement voilà, nombreux sont ceux qui pensent que la création de son job est la conséquence de l’ubérisation de la société avec de grands groupes installés à San Francisco qui s’en mettent plein les poches sur le dos des travailleurs indépendants. Des indépendants qui se tuent à la tâche, pire que dans une usine de métallurgie en 1965, qui n’ont pas de couverture sociale ni droit aux arrêts maladie et ne toucheront pas de chômage quand ils se feront virer.

C’est vrai, il ne faut pas le nier. Mais d’une part, on parle de « créer son propre emploi », donc devenir indépendant, avec les risques que cela comporte (ne rien gagner essentiellement...) et d’autre part pourquoi sans cesse lutter contre les mutations sociétales en se posant en victime du système, des élites ou de la mondialisation ? Résister au changement n’a jamais amélioré les choses, ni fait revenir le passé. Sinon on serait encore en train de courir après les mammouths (de la préhistoire, pas le supermarché). Mais il semble que certains candidats aiment surfer sur cette vague du « c’était mieux avant » et ne voir l’avenir des français qu’en noir – s’ils ne votent pas pour eux surtout- un avenir où il n’y aura pas assez de travail pou tout le monde et l’entrepreneuriat précaire sera devenu la norme.

D’ailleurs, ils devraient être ravis, car c’était bien ce qui existait « avant », cet « avant », qu’ils chérissent tant. Le CDI n’existait pas, chacun était payé à la journée ou la semaine, n’avait pas de sécurité sociale, était viré en cas d’accident du travail et devait travailler jusqu’à sa mort (jeune). Oui mais bon voilà, eux ils ne veulent pas de cet « avant », ils veulent « l’avant », quand tout le monde avait un CDI, de quoi se payer un logement, manger, jouer au foot le dimanche et... ne vénérait les patrons paternalistes qui contrôlaient toute la vie de leurs salariés et des habitants de la commune du siège social de l’usine. Aaaaah c’était tellement bien cette époque, où on n’avait rien à s’occuper, où le directeur de l’usine (fils et petit-fils du fondateur évidemment) gérait tout, depuis la mairie, les emplois, les logements, les clubs sportifs, les fêtes. On n’avait pas besoin de penser, il le faisait pour nous. Trop bien je vous dis. Et puis on n’était au courant de rien de ce qui se passait ailleurs, donc pas de quoi être angoissé, alarmé, pessimiste, la vie suivait son cours. Cette période bénie des Dieux a existé, mais elle a disparu depuis les années 70 et n’a duré que le temps des 30 glorieuses, une époque que la plupart d’entre nous qui sommes en âge de travailler, n’a pas connue d’ailleurs...

Entre broyer du noir à la maison devant les Marseillais à xxx et se lever tous les matins pour livrer des pizzas ou mettre son costume (de chez H&M) pour transporter des clients à l’aéroport ou en boite de nuit, qu’est ce qui est le mieux ? Certes, ceux qui se lancent dans ces secteurs ne deviendront pas riches, et enrichiront les « vendeurs de pelles et pioches », comme on dit, mais au moins, ils ne restent pas là, les bras ballants à attendre des jours meilleurs tout en crachant sur le dos de ceux qui ont une vie de rêve (les immigrés, les riches, les femmes au foyer, les footballeurs, etc...), ils prennent leur vie en mains !

C’est cela être entrepreneur ! C’est un état d’esprit de battant, de celui ou celle qui trouve toujours un remède à tout, même s’il n’est pas optimal, qui se relève et avance dans la vie, sans attendre une solution miracle d’un candidat à la présidentielle, alors que la France bat des record de chômage depuis 10 ans, sans qu’aucun gouvernement n’ait trouvé de réponse au fléau. Heureusement les citoyens -comme souvent- ont retroussé leurs manches et ont saisi les opportunités offertes par cette nouvelle économie, qui même si elle a de nombreux défauts et doit encore trouver ses marques, a le mérite de remettre des milliers de gens sur les rails, en devenant acteurs de leur vie. C’est certainement juste un tremplin mais il en faut pour avancer dans la vie rien n’arrive tout cuit dans les mains de qui que ce soit (même les politiques, si si...). On n’y arrivera peut-être pas tous, la vie est compliquée et faite de hauts et de bas, mais tous ceux qui auront su saisir leur chance en créant leur propre job ne le regretteront pas. Car l’entrepreneuriat c’est LA vraie école de la vie. Toutes celles et ceux qui y sont passés l’affirmeront.
Source : fractale magazine

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