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Les écoles d’ingénieurs s’adaptent à la réalité

Des profils d’étudiants moins stéréotypés, une meilleure implication des entreprises, la création de nouveaux diplômes : les écoles d’ingénieurs n’ont pas attendu les réformes pour faire évoluer les offres de formations.

A l’heure où les réformes du lycée et de l’enseignement supérieur se succèdent, les écoles d’ingénieurs tentent d’anticiper au mieux ces changements. Et pour cause, depuis quelques années, les établissements ont constaté une baisse du niveau de leurs étudiants. Entre 2014 et 2016, le nombre de diplômés en école d’ingénieurs a diminué de 3 %. Une différence notable qui s’accompagne, à l’inverse, d’une augmentation du nombre d’étudiants : 6 000 étudiants supplémentaires en 2016.

Un constat que regrette Marc Renner, président de la CDEFI (conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs). D’après lui, ces chiffres s’expliqueraient par l’augmentation du nombre de redoublants pendant le cursus d’ingénieur. « Avec la réforme du lycée de 2010, le socle scientifique a perdu en épaisseur même pour les meilleurs bacheliers, ce qui conduit à des redoublements en école d’ingénieurs », explique-t-il. Aujourd’hui, l’enjeu est de taille pour les établissements qui tentent d’attirer de nouveaux profils tout en impliquant les entreprises.

Sortir des stéréotypes
Justement, les écoles d’ingénieurs espèrent profiter de la suppression des filières au baccalauréat général prévue dans la réforme du lycée pour accueillir des étudiants moins formatés. Si la plupart des élèves en école d’ingénieurs sont diplômés d’un bac S, la tendance sera plutôt à la diversité d’ici 2021. « Ce qu’on cherche surtout, ce sont des étudiants qui ont un goût et un appétit pour les filières scientifiques », précise Marc Renner. D’après lui, les écoles ne délaisseront pas le niveau scientifique des élèves mais elles pourraient aussi s’attacher à d’autres compétences comme la culture générale et certaines qualités comme l’implication et la motivation des élèves.

La suppression des filières en bac général pourrait aussi profiter aux bacheliers technologiques : « Les bacheliers STI2D ont un potentiel intéressant » juge le président de la CDEFI. Néanmoins, pour que leur intégration fonctionne, les bacheliers technologiques devront être préparés dès la seconde : « Ils ne doivent pas être bloqués s’ils veulent poursuivre dans un parcours d’excellence. »

Une diversification qui passe aussi par l’apprentissage
Ces nouveaux profils pourraient être particulièrement recherchés dans les formations en apprentissage. En effet, le nombre d’étudiants diplômés d’un DUT ne cesse d’augmenter, jusqu’à atteindre près de 20 % à la rentrée 2016. Au détriment des étudiants de classe préparatoires aux grandes écoles (CPGE) qui ont vu leurs effectifs diminuer de 47 % à 38,9 % entre 2015 et 2016. « Aujourd’hui, la plupart des apprentis viennent de BTS ou de DUT, ce qui est très bien mais on aimerait diversifier les profils », explique Marc Renner.
Justement, à la rentrée 2019, cinq écoles d’ingénieurs (Télécom ParisTech, Efrei Paris, Ensisa, Ensta ParisTech et Ecam-EPMI) proposeront un cursus d’apprentissage en deux ans au lieu de trois. Cette expérimentation permettrait notamment d’intégrer des profils plus généraux. « On pourrait accueillir davantage d’étudiants issus de classes préparatoires aux grandes écoles ou de licence », précise Marc Renner. Ces étudiants, moins formés à l’apprentissage, sont pourtant indispensables aux entreprises : « Elles s’intéressent à de nouveaux types d’apprentis et veulent diversifier leur spectre car elles savent qu’elles auront un retour positif après l’apprentissage. »

De nouveaux diplômes pour séduire les entreprises
D’ailleurs, en plus de séduire les jeunes, les écoles d’ingénieurs font leur possible pour impliquer les entreprises et répondre à leurs besoins. Ainsi, entre 2013 et 2016, 112 diplômes ont été créés, « notamment dans le numérique et la transition énergétique ». Dont cinq en 2016 : énergétique et mécanique, génie industriel et gestion des risques, systèmes et technologies de l’information, domaine des biotechnologies, domaine de la construction.
Certaines écoles ont même changé le nom de leurs spécialités pour s’adapter et attirer un nouveau public : « Le génie mécanique est devenu la mécatronique, cette spécialité intéresse plus les jeunes car elle garantit des compétences en mécanique mais permet aussi l’ouverture à d’autres domaines comme le numérique, l’automatique et l’électronique. Cela répond à la fois à la demande des jeunes et des entreprises. »

Une parité encore loin d’être la norme
Néanmoins, une problématique subsiste dans les écoles d’ingénieurs : celle de la parité. Malgré les efforts de communication pour attirer plus de femmes, elles sont de moins en moins nombreuses à entrer en école d’ingénieurs par rapport aux hommes. A la rentrée 2015, les établissements comptaient 28,4 % de femmes. En 2016, elles ne représentaient que 26,9 % de l’effectif global. Dans certaines filières comme le service de transport, l’informatique et l’électronique, elles sont moins de 20 %. Alors qu’elles se démarquent davantage dans les domaines de l’agriculture ou de la chimie (58 % en 2016-2017).
Des inégalités que Marc Renner peine à expliquer. « On n’a aucun souci à recruter des femmes en génie civil pour aller sur les chantiers ou diriger les travaux, elles se débrouillent d’ailleurs très bien, mais elles n’ont aucun intérêt pour l’informatique et on ne comprend pas pourquoi, on a encore beaucoup de progrès à faire », reconnait-il.

D’après lui, le problème ne vient pas seulement de l’école. Les entreprises seraient encore très réticentes à embaucher des femmes. « Je suis optimiste mais vigilant : c’est beau de diplômer des femmes pour faire gonfler les pourcentages mais il faut que ça suive en entreprise, or il y a encore des plafonds de verre, la progression des femmes peut être plus lente alors qu’elles ont autant, voire plus de compétences », conclut-il.
Source : www.orientation-education

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