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Alternance et apprentissage : il est urgent de simplifier le dispositif !

Il est urgent de simplifier et de faciliter la mise en place des contrats d’alternance et d’apprentissage entre jeunes et entreprises. Voici la conclusion du Baromètre sur l’alternance de la Fondation INFA, qui s’intéresse dans cette 2e édition à la perception des parents et des jeunes. Depuis des années, les freins restent les mêmes : mauvaise image de l’alternance et en particulier de l’apprentissage, difficulté à trouver une entreprise d’accueil, méconnaissance du dispositif...

La nouvelle édition du Baromètre INFA sur l’alternance et l’apprentissage offre un éclairage intéressant sur ces dispositifs de formation, dont l’efficacité n’est plus à prouver mais qui peinent toujours à trouver leurs publics, tant parmi les dirigeants que les jeunes, voir les parents.
On y apprend que la plupart des parents connaissent aujourd’hui l’alternance et l’apprentissage, mais s’ils confondent parfois les deux types de dispositifs et leurs potentiels bénéficiaires. Si l’alternance est perçue très majoritairement comme un bon moyen de se préparer au monde de l’entreprise (91 % de parents et 94 % salariés), seulement 71 % des parents de jeunes recommanderaient l’apprentissage.
Parmi les mesures proposées dans le cadre de la réforme de l’apprentissage, les parents plébiscitent d’ailleurs celles qui contribuent le plus à faciliter l’entrée dans l’alternance : l’embauche d’apprentis tout au long de l’année ; l’ouverture de l’apprentissage aux jeunes jusqu’à 30 ans ; et l’aide au financement du permis de conduire. Les parents considèrent en effet à 72 % que trouver une entreprise d’accueil constitue le frein principal. 33 % pensent même qu’une embauche des apprentis déconnectée du temps scolaire favoriserait l’employabilité des jeunes.

Clarifier les dispositifs pour en tirer un bénéfice est urgent
Certes, les parents d’enfants collégiens, lycéens, apprentis ou étudiants expriment spontanément un niveau de connaissance élevé de la formation en alternance (97 %) et de l’apprentissage (98 %). Mais ils manquent de connaissance sur les publics visés par l’alternance et l’apprentissage. De plus, un parent sur dix (11%) ne recommanderait pas une formation en apprentissage et près d’un sur cinq (18%) ne se prononce pas. Parmi ceux qui ne recommanderaient pas cette filière, la moitié « préfère que leur enfant suive un parcours classique ».
Il faut dire que la distinction entre alternance et apprentissage fait encore défaut en 2018, ce dernier étant souvent considéré comme un parcours menant aux seuls métiers manuels, alors que l’apprentissage concerne tous les métiers et tous les secteurs, de la boulangerie à l’aéronautique en passant par la finance et il prépare à tout type de diplôme, du CAP au Master 2. Et pour 28% d’entre eux, cela reste un second choix. Dans l’esprit des parents et de beaucoup de jeunes également, l’apprentissage concernerait surtout les jeunes élèves en difficulté scolaire, ne conduit qu’au CAP et concernerait principalement des étudiants en formation initiale et les métiers de l’artisanat.
L’apprentissage est davantage perçu comme une formation professionnelle connectée au monde de l’entreprise (« on apprend en travaillant. » ), alors qu’on rattache le plus souvent l’alternance au système scolaire (qu’elle soit perçue positivement ou négativement d’ailleurs (« on alterne études et travail »). Aux yeux de tous, le but premier reste toutefois de préparer au mieux au monde du travail (91 % pour les parents, 94 % pour les salariés).
« Dans la mesure où trois quarts de nos stagiaires trouvent un emploi à l’issue de nos formations à l’INFA, il nous est apparu indispensable d’informer et de sensibiliser tous les publics, jeunes, parents et entreprises, des opportunités qu’offrent ces parcours pédagogiques et certifiant, et des avantages qu’apporte une expérience professionnelle sur le terrain, dans toutes les régions de France. Restituer aux métiers du service leurs lettres de noblesse fera la différence pour l’économie de notre pays » estime Norbert Colmant, Directeur Général de la Fondation INFA.

Qu’attend-t-on de l’alternance ? Quelles sont ses limites ?
Près de la moitié des parents (46%) attendent de l’alternance des bénéfices directs, tel qu’un emploi au sein de l’entreprise d’accueil à l’issue de la période d’alternance. Les salariés ont une vision plus indirecte des bénéfices de l’alternance, davantage perçue comme une expérience valorisante sur le CV (43 %), ou une expérience permettant une embauche rapide au sein du secteur d’activité (47 %).
En dépit de ses nombreux avantages, la limite principale de l’alternance, pour 72 % des parents, reste la difficulté pour l’alternant de trouver une entreprise. 37 % la citent d’ailleurs en premier. Une difficulté liée à la charge de travail supplémentaire pour le formateur et au coût pour l’entreprise, ainsi qu’à la complexité des conditions de mise en place de l’alternance au sein des TPE (accueil, administratif, etc.) selon les familles et des salariés.
Tous s’accordent cependant sur le fait que la connaissance du monde de l’entreprise est un enjeu essentiel pour l’insertion des jeunes dans le monde professionnel. 6 parents sur 10 considèrent que les jeunes gagneraient à avoir une meilleure connaissance du monde de l’entreprise et des savoir-faire liés aux métiers, tandis que les salariés évoquent davantage le savoir-être et la capacité d’adaptation comme un préalable à l’insertion professionnelle. Les entreprises recherchent de plus en plus ces « soft skills » – le savoir-être. Par ailleurs, l’alternance a également l’avantage de garantir une meilleure intégration des personnes en situation de handicap, ce que considèrent 71 % des personnes interrogées.

Mieux informer est incontournable
« Aujourd’hui, le véritable enjeu est d’optimiser le dispositif existant de l’alternance sous un angle pratique pour les familles et pour les entreprises, plus que de le repenser » rappelle la Fondation INFA. L’image comme quoi l’apprentissage, second choix qui plus est, réservé aux métiers manuel, n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Rappelons que 70 % des apprentis sont en emploi 7 mois après l’obtention de leur diplôme.
« La promesse ne sera tenue qu’à partir du moment où les entreprises et l’Etat s’engageront aux côtés des organismes de formation pour mieux informer tous les publics sur les parcours en apprentissage et/ou en alternance » conclut le Directeur Général de la Fondation INFA Norbert Colmant. Et ce que l’Etat a fait en lançant fin avril 2018 sa grande campagne de promotion de l’apprentissage « Démarre ta story », suivie peu de temps après par le MEDEF et sa campagne « L’apprentissage, mon plan A ».
• Consulter le communiqué lié à l’étude : https://a-chacun-son-parcours-de-formation.com/wp-content/uploads/2018/05/Baromètre_alternance_2018.pdf

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